Affichage des articles dont le libellé est Sorties DVD. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Sorties DVD. Afficher tous les articles

lundi 26 juillet 2010

Mesrine Partie 1 : L'instinct de mort



Un polar nerveux et haletant, passionnante adaptation de la vie de Mesrine, qui ne cherche ni à glorifier ses actes, ni la glamourisation à outrance, piège facile qui attendait le film au tournant.

Tendu, sec et violent, le film de Richet est d'une efficacité rare, porté par un casting d'acteurs incroyable, et un Vincent Cassel tout simplement époustouflant. Richet a gagné en maturité et en goût du spectacle de son expérience américaine, et s'il délaisse un peu la psychologie du personnage pour se concentrer sur ses plus grands faits de gloire, l'oeuvre n'en demeure pas moins passionnante, et la reconstitution, ambitieuse, mérite les éloges.
Si le film est encore un peu décousu, malgré sa construction en deux parties, c'est pour rentrer au plus vite dans le vif du sujet et en découdre avec tout un pan ronflant du cinéma français.
On attends avec impatience la suite, voire une éventuelle version longue, mais surtout, on sort de la salle heureux.
Parce que le cinéma français n'est plus celui de papa.
Les couilles ont enfin sauté une génération.

mercredi 21 juillet 2010

RocknRolla


Pour les rebelles pubères, Snatch, c’est au moins aussi bien que Fight club, que Hooligans ou Scarface. Même que Brad Pitt quand il parle, on comprend rien t’as vu. Sauf qu’avant d’être récupéré par cette joyeuse population, qui néanmoins font un peu peur avec toutes leurs mèches et t shirts roses, Snatch (et Arnaque, crimes et botanique son aîné) était un polar jouissif d’inspiration clairement Tarantinéènne, le charme du fin fond de l’Angleterre en plus. Maintenant, impossible de le regarder sans penser à la tecktonik, impossible d’en profiter sans sentir la honte poindre. Les salauds, ils nous avaient déjà gâché le chef d’œuvre nihiliste de Fincher.

Et puis voici RocknRolla. Le salut. La possibilité de redécouvrir Guy Ritchie avec un œil neuf, vierge de l’honteux A la dérive ou du marasme nauséeux qu’était Revolver. En sortant de la salle, on se dit la même chose qu’à la vue de notre tonsure clairsemée au salon de coiffeur. On se fait vieux.
Pas que le film soit fondamentalement raté, il est même plutôt plaisant, renouant avec la verve et les situations décalées et loufoques qu’affectionnent les gangsters loosers de Ritchie. Mais il donne l’impression de ne raconter strictement rien.
Ritchie ne maîtrise absolument pas son récit, multipliant les digressions inutiles ou de goût douteux, et rajoute un twist final convenu et insipide juste pour faire croire que tout ça était étudié et réfléchi. Chronique de malfrats à la petite semaine, film à sketchs, mais rien à voir avec ses premiers scripts, où tout se recoupait pour un final anthologique. Et même s’il sauve son film par certaines scènes vraiment réussies (la poursuite contre les russes indestructibles), le tout reste franchement inégal.

Dommage donc, mais on a au moins la bonne nouvelle que Ritchie semble avoir retrouvé son mojo. Et son Sherlock Holmes hautement sympathique l'a depuis confirmé, même si l'on s'éloigne de son cinéma de prédilection. Et puis les sales ados pleins de mèches sont depuis passés à Twilight. On est sauvés.

mercredi 30 juin 2010

Die Hard 3 (With a Vengeance)



Voici donc le retour du père prodige, McTiernan qui revient soigner son bébé, qui bénéficie cette fois d’un scénario ahurissant d’intelligence (surtout dans sa première partie) et de tension.
McClane est de retour donc plutôt dans un sale état.
Il est reparti à New York, pour se faire suspendre.
Depuis, il fume clopes sur clopes devant la télé et se tire une gueule de bois monumentale.
N’empêche qu’aujourd’hui un autre terroriste ait décidé d’aller emmerder notre McClane national. Il est dit que quand il aura fini de jouer avec lui, McClane périra pour de bon cette fois.
Sauf que John, faut pas trop l’emmerder, sinon il se fâche.
Et défouraille son monde.

Dire que le film est jouissif est un sacré euphémisme pour cette merveille qui égale facilement la performance du premier opus. La première partie du film est ce qu’on a vu de plus inventif, retors, et malin dans un film d’action américain. Une réelle date, à l’instar de son prédécesseur, dont il est la suite directe (en mettant un peu de côté le numéro deux). La première séquence est à ce sens estomaquante, et franchement culotté pour un blockbuster de cette importance.
Le reste est à l’avenant, McClane et Zeus naviguant de « Simon Says » vers de nouvelles énigmes plus tordues les unes que les autres. La menace est réelle, la course contre la montre haletante. Les séquences ahurissantes s’enchaînent, d’une course poursuite en plein Central Park à l’explosion d’un Métro en direct, comme si vous y étiez.
La caméra de McTiernan virevolte entre les obstacles, pour arriver à une sorte de ballet furieux rempli de cascades, de tôles froissés, d’explosions et de coups de feu.

Mais alors que l’on comprend le fin mot de l’histoire, le scénario toussote et s’enrhume pour une deuxième partie moins inventive, mais tout aussi intense, même si on met de côté la cohérence et la vraisemblance (le coup du bateau sur lequel on saute en marche depuis un pont, c’est très impressionnant, mais c’est un peu la goutte de trop dans le vase).
En œuvre de McClane qui se respecte, ça se regarde aisément, en tapant du pied et en se rongeant les ongles, même si l’on est forcément déçu, rapport aux délices de la première partie.
Pas grave, d’autant plus qu’on hérite d’un plus non négligeable, McTiernan n’est pas Renny Harlin et ça se voit : les fusillades et meurtres en tout genres deviennent des opéras divins.

Die Hard 3 est une œuvre tout ce qu’il y a de plus ultime, complétant avec brio l’une des meilleures franchises d’action qu’on nous aura offert.

mardi 29 juin 2010

Die Hard 2


Suite au succès planétaire (et mérité) du premier opus, on prend les mêmes et recommence (plan par plan). John McClane is back !
Cette fois ci point de Nakatomi Plaza mais un aéroport tout entier, des avions à exploser et un paquet de méchants (et de gentils) à dézinguer.
Pendant tout le film, on s’amuse à relever tous les détails similaires au premier opus, sauf que de petits détails, on en vient à plagier toute l’intrigue.
Die Hard 2 garde la même formule que le premier, en plus grand, plus beau, plus fort.

Car si McClane en prenait pour son grade durant le premier opus, il développe ici une fâcheuse tendance (en plus de celle de toujours être au mauvais endroit au mauvais moment) à arrêter les balles, se faufiler entre elles, et tirer toujours pour tuer.
Le flic humain avant tout de Die Hard premier du nom est devenu ici la caricature dénoncée par McTiernan. C’est dommage, surtout qu’on perd ici tout ce qui faisait le sel de ses précédentes mésaventures.
Heureusement, l’humour pince sans rire est toujours là, encore plus développé dans cet opus (faut dire qu’entre temps, c’est devenu à la mode), et les parallèles au premier épisode, fleurissant tout le long du film, sont hilarants (How could the same shit happen to the same guy twice ?).

Le bourrin Renny Harlin s’occupe du reste, et on peut dire qu’on en a pour notre argent (remember la scène de la rampe électrique, ou du siège éjectable), même si l’on frôle franchement le grand guignol.
Pas grave, Willis arrive facilement à nous faire oublier l’énormité de l’intrigue.
Intrigue qui voit vraiment la loi de Murphy s’abattre sur notre pauvre John qui doit faire avec, en plus de terroristes, des avions qui s’écrasent, une tempête de neige, des policiers incompétents, et une femme en danger de mort.
Mais ça fait parti du plaisir coupable qu’offre le film, plaisir décuplé quand même par la jouissance des situations (McClane qui se bat sur l’aile d’un 747 avant de la faire exploser en vol tout en balançant un YeepeeKaï Yeah Mother Fucker, ça a franchement de la gueule).

On passe un très bon moment, même si le film se détache que peu de la moyenne du genre.Car attention toutefois, un mauvais Die Hard restera toujours un très bon film d’action.
Surtout que le troisième volet est une merveille.

lundi 28 juin 2010

Die Hard



Un film somme.
La quintessence d’un genre boursouflé par d’indigents acteurs préférant payer les traites de leur limousine plutôt que de livrer un bon film.
Et pourtant voici une équipe faite de joyeux artisans portés par un producteur un peu fou fou (Joel Silver, qui, s’il n’a pas que des mérites, donne les moyens aux projets auquel il croit), un réalisateur visionnaire, et à une star jouissive, qui n’a pas peur du ridicule, et qui en l’espace de ce film justement, va devenir un mythe interplanétaire.

Parce que Die Hard est une date dans l’histoire du ciné d’action américain, un monument, pillé, copié, certainement jamais égalé.
Une seule unité de temps, de lieu, deux personnages principaux (et encore, on est clairement dans le McClane show, même si gravitent autour de lui une masse de personnages principaux, des policiers incompétents aux otages hystériques, rameutant pas mal de difficultés sur la tête de John, dont le monde s’écroule complètement)
D’autres ont aussi voulu faire leur John McClane par la suite, bien peu sont ceux qui ont réussi. Le seul héritier à trouver grâce serait bien Jack Bauer, qui doit beaucoup à la saga Die Hard, mais dont on a ôté l’humour à froid pour un côté ultra dézingueur seul contre tous.

Alors qu’est ce qui fait Die Hard, un film qui fait pourtant du neuf avec du vieux, un chef d’œuvre impérissable ?
C’est en grande partie dû à l’attachement du spectateur pour McClane, toujours au mauvais endroit au mauvais moment, et à qui les situations désespérées et la peur de mourir développent un cynisme pince sans rire particulièrement réjouissant.
Là où les films d’actions pré Die Hard (car il y a eu forcément un avant et un après) se contentaient d’aligner les morts au gré de péripéties vaguement palpitantes, on est en face d’un film qui revendique clairement son second degré, jusqu’à la vindicte finale sauvage et franchement parodique, où l’on voit le bon policier black père de famille brandir son magnum vengeur pendant que le Bad Guy se relève de ses nombreuses blessures. Euphorisant et hilarant, ce sursaut final est à l’image du film : mené à tambour battant, sans jamais se prendre au sérieux.

Encore que John McClane n’est pas le super héros américain type : il se blesse, a ruiné son mariage (et sa dégradation ira crescendo suivant les films), souffre, et le spectateur avec. Il faut le voir se prendre des coups, des balles, des insultes pendant toute la durée du métrage : McClane est le première Héros Masochiste d’Hollywood, et il aime clairement ça.
Le scénario, respectueux de tous les codes du genre, est une perle.
Il exploite à fond toutes les possibilités du décor et de la situation, relayé par la maîtrise ultime de MacTiernan en spectaculaire et suspens. La première demi heure est à ce sens l’une des meilleures scènes d’exposition du 7ème Art, car le spectateur repère aisément en quelques coups d’œil les éléments constituant le reste de l’intrigue. Il tremble déjà pour ces personnages, alors que la trame, une bête prise d’otage n’a rien d’exceptionnelle.


C’est par cette volonté d’éclater et de renouveler le genre que le film est aujourd’hui une telle référence, un classique qui reste, plus de vingt ans après, toujours aussi emballant, et dont les suites n’attaquent même pas son statut culte (ou si peu).
Yeepeekaï Yeah, MotherFucker.

lundi 3 mai 2010

Star Trek


Aaaaaah, Star Trek, son défilé improbable de pyjamas, de dialogues incompréhensibles et un côté ultra cheap que des millions de dollars n’ont jamais réussi à effacer.
Si la saga s’est sanctifiée sur l’autel du cul aux Etats-Unis grâce à des Trekkies déchaînés (générant d’ailleurs une guerre avec les fans de l’autre grande saga de SF dont le nom nous échappe), en France, c’est une toute autre histoire. Réparation faite avec ce reboot de petit malin, écrasant le box office francophone de sa supériorité.

En l’état le film est ultra respectueux de son modèle, remodelant la saga grâce à un procédé audacieux et franchement intelligent, préfigurant de très bonnes choses pour les suites. J.J. Abrams injecte dans l’univers le rythme et la frénésie qui lui manquait, et transpose sur le grand écran tout son savoir faire télévisuel. Son style, trépident, toujours au bord de la rupture et typiquement geek, s’intègre parfaitement dans ce qui aurait pu être un suicide artistique. Le réalisateur devient enfin un grand, et pour les fans qui le suivent depuis les balbutiements de Bad Robot, c’est jouissif.

La reconnaissance d’une saga, et la naissance d’un réalisateur (qui a la carrure pour devenir le prochain Spielberg), à eux maintenant d’aller jusqu’au bout de leur aventure, where no man has gone before…

jeudi 22 avril 2010

Transformers 2 – La revanche du boum crash paf


Les parents de Michael Bay ont sûrement du s’arracher les cheveux devant le petit Michael et son besoin presque pathologique de casser ses jouets dès Noël passé.
Maintenant Michael est grand et assouvi sa passion.
En vrai.
Et là qu’il veut se concentrer sur des films sans action, il a décidé de tout envoyer dans un second opus salvateur. Le bougre ruine une ville dès le générique.
Car Transformers 2, c’est la surenchère à l’américaine comme jamais : plus de robots, plus de Megan Fox, un budget explosion colossal… Et surtout plus de blagues et autres scènes embarrassantes, quitte à abandonner son auditoire non préparé au style du bonhomme sur la route. Michael fait ce qu’il veut, et s’en donne à cœur joie.

Cinéaste du médiocre, du vulgaire, du beauf, Michael Bay dépasse la limite dans cet opus de Transformers, qui s’il dispense toujours son quota de fun, de Megan Fox lascive ou de destruction massive, va tellement loin dans le mauvais goût vaseux que l’on peine à défendre le film. Ici le divertissement se résume à deux bonasses, un cumul d’explosions dépassant celui des dialogues et des blagues foireuses sur le scrotum. Le scénario navigue à vue, enchaînant les rebondissements improbables à un rythme déraillant entre incrédulité et gaudriole. Cherchant à développer la mythologie de ses aliens, le film multiplie les scènes de vilains voulant conquérir le monde sorties tout droit de Power Rangers, d’un Mégatron au charisme saboté, à des Autobots inexistants ou simplement horriblement irritants (un grand merci au passage au film qui réhabilite le rôle du sidekick, et qui nous prouve à quel point le cinéma se porte mieux sans).
Les Decepticons parlent, mais débitent des inepties à la pelle, et au final le film vaut surtout pour sa démonstration technique impressionnante. Même Bay ne fait pas d’éclat, recyclant les plans de ses précédentes œuvres (quand il ne fait pas dans l’autocongratulation grasse). On peut toutefois noter un style passablement assagi, avec des plans longs de plusieurs secondes (un miracle) et des combats presque toujours lisibles.

On attendait de la surenchère, on a eu.
On se vautre dedans, on en ressort gavé, dégoûté.
Transformers s’impose à nous comme la franchise actuelle la plus malade. Portée par une ambition démesurée mais gangrenée par des élans nanars qui n’ont rien à faire là.
Reste à savoir si l’on arrive à prendre tout ça au millième degré.

vendredi 16 avril 2010

The Big Bang Theory - Saison 1



Quand Chuck Lorre et Bill Prady, deux vieux routiers de la sitcom américaine, décident de lancer un nouveau show autour des geeks, on pense plus à un effort opportuniste qu’à une vraie volonté d’offrir une comédie sortant de la routine caractéristique du genre. Il faut avouer qu’avec des shows comme Dharma & Greg ou Mon oncle Charlie, les deux bougres se sont fait les apôtres de la sitcom de base, avec ses sempiternels décors de studios, ses multi-caméras, ses personnages aux caractères opposés forcés de vivre ensemble, son public hilare et ses dialogues se rapprochant plus des vannes de stand up que de véritables conversations. Les miracles sont rares dans ce genre si impersonnel, où le peu de séries se démarquant de la masse de comédies produites par tonnes chaque année doivent leur réussite à la qualité d’écriture (Seinfeld) ou encore l’attachement aux personnages (Friends).

Les ficelles d’un show comme The Big Bang Theory sont donc facilement identifiables, notamment dans la première partie de saison : le geek surdoué en mal d’amour (Leonard), l’intérêt amoureux un peu bêta (Penny), l’asocial maladif (Sheldon), les sidekicks pour varier l’humour (Howard et Raj). On mixe dans la tambouille références à la pop culture et autres théories scientifiques, et l’on obtient une série au succès prévisible, parfaitement marketée pour plaire aux mâles de 15-25 ans, tout en ne laissant pas de côté leurs copines grâce à l’histoire d’amour entre Leonard et Penny, procédé éprouvé pour assurer l’addiction à une sitcom (Ross & Rachel, ça rappelle quelque chose à quelqu’un ?). Si le show est efficace, un tel artifice alors que tous les mastodontes du genre sont morts depuis longtemps, paraît être l’effort de trop, à un moment où le public peut espérer mieux en termes de comédie. How i met your mother, diffusé juste après Big Bang, propose pour le coup une vraie réponse à l’essoufflement du genre sitcom, tout en étant monstrueusement hilarante.

Et puis la grève des scénaristes frappa. Les geeks reviennent donc après des semaines de vacances et ont une pèche d’enfer. Dès lors, en s’éloignant petit à petit du tout-venant sitcom entre Leonard et Penny et en chargeant la mûle sur ce personnage de nerd patenté qu’est Sheldon, lui faisant vivre à chaque épisode des aventures que n’aurait pas renié la Martine de la grande époque (Sheldon est malade, Sheldon perd son boulot, Sheldon trouve plus intelligent que lui...), le show trouve sa vitesse de croisière, jusqu’à devenir la meilleure surprise de l’année 2007.C’est frais et très drôle, on adhère donc facilement. Plus la série continue son bonhomme de chemin sur la saison, plus le tout devient furieusement hilarant. Difficile de rester de marbre devant un Sheldon enrhumé, ou encore toute la bande de geeks tentant de draguer, à tout de rôle, la sœur canon de Sheldon. Cette période est cruciale pour The Big Bang Theory, car elle va rendre ses spectateurs accrocs, ces derniers n’étant pas encore irrités par le Sheldon show systématique que va devenir par la suite le show, pour mieux rebondir dans une troisième saison à l’intrigue plus tenue. A condition d’accepter la continuité défaillante dans une sitcom, le genre étant entièrement voué à la vanne qui tombe bien plutôt qu’à l’exploration psychologique et émotionnelle de ses personnages, le season finale, se concentrant un peu plus sur son intrigue, achève le spectateur qui se voit obligé de revenir en saison 2.

A noter que le DVD propose une image d’une beauté éclatante, permettant d’apprécier les nombreux clins d’œil et autres appels du pied à la communauté geek présente dans les décors. Le tout au bon format s’il vous plaît. La VO est obligatoire tant le doublage continue d’imposer son écrasante médiocrité sur la plupart de nos séries préférées. Les sous-titres suivent l’adaptation française, mais celle-ci, si elle s’éloigne parfois des dialogues originaux, reste suffisamment convenable. C’est le minimum syndical, par contre, en ce qui concerne les bonus, où seul siège un reportage promotionnel de 15 minutes n’apportant rien de bien neuf, si ce n’est l’habituel passage de pommade hollywoodien.

The Big Bang Theory est le passage obligatoire et hilarant des amateurs de comédies décomplexées et qui ne se prennent pas au sérieux. Mais, si elle surnage au dessus des autres espèces du genre (des mêmes créateurs d’ailleurs), c’est surtout grâce au personnage de Sheldon, portant quasiment la série à lui tout seul, et grand vecteur de fous rires devant l’Eternel, au même titre que Kramer, Chandler, ou Barney. Le show mérite assurément le coup d’œil, ne serait-ce que pour lui. De toute façon, on a pas trop le choix, c’est lui ou Cyprien.


Egalement publié sur Geek Culture

mardi 2 février 2010

Ma vie n'est pas une comédie romantique



Alerte rouge ! Au secours ! Encore une comédie romantique française ! Avec Gilles Lellouche !
On en voit déjà qui détallent, qui fuient la peste.
Sauf que non, celle ci est à chérir, se démarque largement des autres par un ton éloigné et satirique savoureux, qu'on y parle même d'amitié sexuelle, de frivolités à la limite du détournement de mineur, et ça démontre que le plus atteint des geeks peut aussi trouver l'amour, livré avec le mariage en klingon. C'est ultra plaisant et c'est ce qu'on appelle une jolie surprise, le genre de sucrerie à consommer jusqu'à l'overdose de sucre (une petite douceur acide en plus).

Le réalisateur du film connaît ses classiques sur le bois des doigts (pour preuve le nombre d'extraits et de dialogues de chef d'oeuvres romantiques qui peuplent le film), s'en allant même jusqu'à étudier le genre en France (le pauvre). On prend donc les acteurs les plus bankables pour démonter tous ces jolis principes point par point.
L'histoire d'amour raconté ici perd ses poncifs et lieux communs mais gagne en saveur.
On se prend donc à rêver aux comédies françaises réussies, où même le balourd de Mon Incroyable Fiancé peut y trouver une légitimité.
Ma vie est donc une comédie romantique, très réussie de surcroît, et qui balaye d'un bon vent frais un genre sacrément sclérosé.
Pas la peine de dire que ça fait un bien fou.

lundi 7 décembre 2009

Casino Royale



On nous soûle depuis les années 60 avec James Bond, son cocktail, son flingue, sa classe, ses filles, ses cascades, ses méchants diaboliques et tout le folklore déprimant.
Déprimant, parce que depuis la révolution sexuelle et que les pantalons psychédéliques sont passés de mode, il a bien vieilli, le James, il a pris du bide et se laisse aller à la boisson.
On ne veut plus de lui, et ce qui devait arriver arriva : un autre agent, jeune, beau, sûr de lui, sec et nerveux lui a piqué sa place : Jason Bourne !
Sauf que lui, les cocktails et les filles, il n’en a cure.
Un agent des 2000’s quoi.

Les producteurs au nom de légumes de la saga Bond ont donc décidé de frapper un grand coup cette fois ci : Fini le Pierce Brosnan mollasson qui ne compte que sur ses gadgets trouvés aux puces pour épater la galerie (voir pour ça son dernier opus plutôt consternant).
James Bond se fait une cure de jeunesse avec Daniel Craig, et provoque du même coup la colère des fans d’un James Bond démodé depuis déjà trente ans.
Et pourtant, le gars a bien du mérite. Malgré les horreurs qu’il a dû subir, il devient le James Bond parfait, comme on l’avait rêvé.
Brut de décoffrage, pince sans rire, violent (!), il défouraille tout sur son passage (à l’image de la séquence de la grue, à elle seule l’une des plus éprouvante et spectaculaire des vingt et un films), s’en prend plein la tronche, et finalement, on est aux anges.

Casino Royale est le James Bond le plus jouissif, le plus exaltant de la saga.
C’est sûr, il traîne encore sa cargaison de boulets, avec sa caractérisation des personnages très relative, et la grandiloquence propre aux films.
Mais l’équipe livre une œuvre tellement sincère (derrière le but éhonté de faire sortir la série de sa torpeur et de gagner encore plus de sous-sous), que l’on est facilement conquis.
Avec pour une fois une héroïne pas cruche, de la violence qui tache (glaçante scène de torture), un méchant quasi crédible, et des scènes de poker presque aussi palpitantes que les (monstrueux) morceaux de bravoure du film.

Une très très bonne surprise, et une claque dans la tronche : on peut passer un bon moment devant un James Bond !
Au fait : penser à prendre un lecteur MP3 pour éviter d’écouter la fiente musicale qu’on nous pond en guise de générique.
La suite est bien meilleure.

samedi 5 décembre 2009

Watchmen


La bible d’Alan Moore et de Dave Gibbons, réputée inadaptable, se trouve pourtant sur nos écrans, avec sa cohorte d’affiches marketées façon super héros. Tout en poses iconiques avec catchphrases bien mises en avant, on a peur : le roman graphique n’a rien à voir avec une pompe à fric, dézinguant plutôt le modèle héroïque, véritable véhicule à dollar des années 2000.

Et pourtant, c’est une réussite. Plus copié collé que vraie adaptation, c’était pourtant l’angle à adopter pour conserver la force des écrits de Moore et surtout ne pas froisser les fans, gardiens du temple et capables de couler un film en un week-end d’exploitation grâce à l’outil Internet. Ca tombe bien, le fan sera ravi. On a rarement vu plus fidèle transposition (c’est facile, les scènes sont parfois reproduites à la case près), et les quelques changements s’intègrent parfaitement dans la thématique de Moore. Le film suinte la noirceur, le sang et le foutre, et à la pellicule d’adopter un statut d’accident industriel, où l’on se réjouit de voir une œuvre aussi malade sortir d’une aussi grosse major telle que Warner Bros. Certes, le film s’est évidemment ramassé au box office, tuant dans l’œuf toutes les prochaines tentatives gonflées de ce genre, mais ce fût beau à voir le temps que ça a duré.

En l’état Watchmen est un sacré morceau de péloche, même si le fan hardcore s’insurgera contre une deuxième partie aux changements pas très heureux (des ralentis génants, une sentimentalisation exacerbée, une iconisation outrancière) et que le spectateur lambda risque de ne rien entraver pendant les vingt premières minutes.
Qu’importe.
Watchmen s’impose comme le monument geek qu’on attendait, tout en violence et en réflexion, gavé à rabord de scènes cultes (merci Doc Manhattan et Rorschach). Voué à la destruction des normes et des valeurs établies, Watchmen ajoute toutefois à l’œuvre originale une beauté glacée, apport évident de ce film indispensable pour qui est allergique au premier degré grandiloquent des Spider-Man et consort.

lundi 12 octobre 2009

La Momie 3 - La tombe de l'Empereur de mon cul


Le premier volet recréait mi amusé, les séries B d'antan, avec des effets spéciaux bluffant, et un rythme effréné. Le deuxième suivait cette voie dans la bonne humeur, malgré des images de synthèses rarement aussi ratées pour un blockbuster de cette envergure.
Le troisième tombe en plein dans les pièges qu'il était censé éviter : au lieu d'une générosité on tombe dans la lourdeur d'une action spectaculaire mais complètement stupide (les yétis), chaque scène de comédie est consternante, et les acteurs, fatigués, n'ont aucun charisme.

La multiplication d'évènements relègue chaque personnage au rang secondaire, et l'on n'a plus devant les yeux qu'un vague ramassis de pixels pétaradants, guère aidés par une momie ridicule.
Alors oui, c'est divertissant, ça pète de partout et ça sourit en balançant sa punchline, mais il arrive un moment où même l'ambiance estivale ne suffit plus à tout excuser.
Alors on est bien gentil, tout le monde a reçu son chèque, paye ses impôts, et on arrête là, merci.
Un bon point quand même : le fils O'Donnell a le mérite d'être beaucoup moins horripilant que le rejeton Jones.
C'est déjà ça.

vendredi 18 septembre 2009

Persepolis


Celui là, on est obligé de l'aimer.
C'est écrit partout, on a pas arrêté de le voir de Pernault à Drucker. L'overdose.
Le pire, c'est qu'avec toute la mauvaise volonté du monde, impossible de détester le film. Car Persepolis est une jolie réussite, un dessin animé charmant, qui en plus se paye le luxe de nous faire réfléchir.

Alors qu'on pouvait s'attendre à un irritant biopic moralisateur, on se retrouve face à une oeuvre d'une tendresse ultime, étonnement drôle, au discours doux-amer mais jamais dénonciateur. L'intelligence du propos se complète d'une beauté et d'une finesse rare de la réalisation dans de jolis tableaux expressionnistes. La biographie n'évite pas les écueils du genre (les scènes sombres franchement plombantes et en décalage avec le ton du film), mais reste un témoignage d'amour de Marjane Satrapi à sa famille, jusqu'à une idolâtrie gênante (la relation avec les parents forcément enjolivée, la grand mère rock and roll, et la petite fille trop mignonne). Mais comme elle rend détestable la Marjane grandissante (la longue déprime égocentrée), l'équilibre est rétabli.
Le film trouve ses meilleurs moments dans la description d'un pays en déroute, qui terrifie le spectateur, sentiment vite contrebalancé par les réactions adorables de la jeune Marjane. A ce titre la première demi heure est un chef d'oeuvre. Dommage que le film s'embourbe ensuite dans les états d'âmes d'une adolescente paumée. Poème envoûtant et émouvant, Persepolis est néanmoins un petit bijou.
On devrait écouter Jean Pierre Pernault plus souvent.

lundi 14 septembre 2009

Yes Man


Si la sortie d’un nouveau Jim Carrey était toujours un évènement, notamment lorsque l’on associait sa personne avec des grands noms de la comédie US (les frères Farelly) ou des concepts énormes (devenir Dieu, rien que ça). Sauf que le bougre, à force d’enchaîner les films de plus en plus anecdotiques, ou les bouses innommables (Le nombre 23, quelle horreur), a fini par sombrer dans l’oubli, enchaînant péniblement un film tous les deux ans, ou juste bon à donner de la voix dans des productions animées.
Le revoilà donc par la petite porte, avec cette comédie sans prétention, qui ne brille jamais par son originalité mais qui a au moins le mérite de dérider les zygomatiques (ça et Zooey Deschanel).

Le film, avec son héros qui décide de dire toujours oui, renoue avec les concepts barrés à même de porter la folie jamais contenue de son acteur principal. De tous les plans, grimaçant et gesticulant plus que de raison, Jim Carrey sauve le film par la puissance de son pouvoir. Génie comique au corps élastique et au visage tout en guimauve, il est capable de transcender la moindre idée vaguement drôle pour en faire une arme destructrice d’abdos. Et même si c’est foncièrement débile, difficile de résister à un film où le bougre vide un rouleau de scotch sur sa tronche, où abuse du redbull dans une scène hilarante (d’autant plus si on ajoute l’équation Zooey Deschanel au tableau).

Néanmoins le scénario surfe sur les poncifs d’une histoire d’amour obligée et prétexte à un film avare en idées, et laisse le soin au grand Jim d’amuser la galerie. C’est en ce point que le film rejoint également les autres performances de l’acteur : toujours à l’origine d’un concept gonflé, qui s’épuise au bout de quarante minutes, quand il ne se transforme pas en romance cul-cul insoutenable.
Yes Man n’échappe pas à la règle, mais quand la bluette compte Zooey Deschanel comme une des deux parties, on ne peut qu’applaudir des deux mains.
Le film comblera donc de bonheur tous les fans de l’actrice, à l’instar de ses autres (trop rares) apparitions, comme perdues dans le temps, où tout l’équilibre mais aussi la fragilité du monde semble prendre place dans ses yeux…
Jim comment vous avez dit ?

samedi 12 septembre 2009

Kung Fu Panda


Divertissement ultra dynamique, porté par un Jack Black au meilleur de sa forme, le film peut se valoir d'être l'un des meilleurs représentants de l'écurie Dreamworks (même s'il ne dépasse pas un Shrek 2 hilarant).
La réalisation est épatante, les morceaux de bravoure impressionnants, et l'histoire mignonne comme tout. On sent que les animateurs s'en sont donnés à coeur joie dans les bastons homériques qui peuplent le film, d'ailleurs assez enthousiasmant pour les plus grands, grâce à une ambiance et des décors à tomber par terre.
Bizarrement un peu chiche en humour, mais se concentrant sur son histoire, le film est par contre euphorisant dans ses batailles explosives. Comme toujours, rien à voir avec la finesse de Pixar, surtout si on le compare aux indestructibles, autre film d'animation s'essayant à la baston et aux courses poursuites virevoltantes, il y a néanmoins largement de quoi passer un très bon moment.

Dreamworks fonctionne comme un bon fast food : c'est un peu gras mais on y retourne toujours.
Everybody was kung-fu fighting, tu tu tu tutu....

jeudi 10 septembre 2009

LOL


De prime abord, LOL fait peur.
Un lycée bourgeois regroupant une population encore plus bobo que leurs parents, des jeunes sortant tout droits d’une pub pour gel, tout en mèches et en fashion attitude, avec un language MSN à base de « trop pas » et autres « tepu ». On échappe de peu à la tektonik, pour se coltiner la future jeunesse UMP, l’héroïne de la Boum en plus.
On a les références qu’on mérite.

Sauf qu’on ne peut pas garder cette acidité de façade très longtemps.
Les premiers échanges entre les lycéens prêtent à sourire, façon sitcom AB du pauvre, mais l’on voit rapidement poindre une vraie qualité d’écriture dans cette bande là, à l’instar de la tirade d’introduction déclarée par une Lola très en verve. Le personnage prend joliment vie grâce à Christa Theret, jeune actrice pétillante et pleine de fraîcheur, qui illumine tout le cast et se permet même de tenir facilement tête à des acteurs de haute tenue.
LOL a donc tout d’une sacrée bonne surprise, sorte de radiographie d’une jeunesse dorée, plongée dans les méandres des complications sentimentales et de l’incompréhension entre les espèces (garçons et filles) et générations (parents et enfants). Le tout débouche sur des scènes vraiment drôles, et à une relation mère fille touchante, surtout lorsqu’elle met une mère en face de ses convictions, qui paraissent bien moins évidente lorsque sa fille se met à profiter au maximum de la libération féminine. Le parallèle entre les relations amoureuses des deux personnages est ainsi finement traité, avec une Sophie Marceau enthousiasmante et pleine de vie, à mille lieux de son personnage publique.

Plutôt réaliste dans sa représentation du comportement adolescent (les scènes MSN), le film surfe sur l’air du temps, ne fantasme pas une jeunesse rêvée (on y boit, on y baise et on fume) et soigne une BO aux petits oignons. C’est certainement un peu trop superficiel, artificiel pour être honnête, s’assurant un succès bien établi, mais il n’empêche qu’on passe un bon moment, loin du déferlement d’hormones acnéique redouté.

mardi 8 septembre 2009

Mission Impossible 3 (M:I:3 pour les intimes)


J.J Abrams est un drôle de type. Franchement pas folichon au premier regard (et conservant une certaine ressemblance avec l’auteur de ces lignes), il est pourtant l’un des auteurs et réalisateur les plus doué de sa génération. Et pourtant ce n’est que maintenant que le cinéma lui fait les yeux doux.

Parce que Abrams est un enfant de la télé (rien à voir avec les autres). Créateur de Félicity, mais surtout d’Alias (et accessoirement co-créateur de Lost). On savait depuis longtemps quel génie il était (oui oui).

Ce Mission : Impossible, même si bouffé par sa star principale, porte sa patte.
Assurément.

N’importe quel fan d’Alias vous le dira.
C’est le même réalisateur, la même musique, c’est (quasi) la même histoire, ce sont les mêmes acteurs, les mêmes personnages, les mêmes tics (on commence par la fin, le générique est expédié en 20 secondes, on y torture moralement et physiquement les femmes). Le fan est donc en terrain connu.
Et c’est génial !

L’impression de voir une aventure des Bristow en plus grand, plus fort, plus beau.
Pour le néophyte, il n’a forcément jamais vu ça (une première scène formidable, hallucinante de noirceur et de perversité pour un film hollywoodien tout public, et la performance éclair et là encore au dénouement inattendu de Keri Russell). Et alors qu’on jubile devant une telle réussite (et nous ne sommes qu’à 15 minutes de métrage), le bougre réinvente carrément le concept originel de Mission : Impossible (il est vrai trahit par les deux premiers films) avec une mission au Vatican classieuse, intelligente, brillante.
Et en quelques notes (reconnaissables entre mille) de retentir.

Cette première partie est fantastique à tout point de vue, pleine de renouveau, d’inventivité.
Et de promesses.

Mais il y a Tom Cruise.
Et cette seconde partie seul contre tous ne convainc que mollement, avec son agent star super héros, avec traître et violons de rigueur.

Heureusement que la réalisation reste épatante, notamment cette scène finale, qui montre tout l’amour que porte (malgré tout) J.J Abrams à ses personnages féminins, et pour une fois sans le magnifique Tom Cruise.

En somme trop de Tom Cruise tu le peu de Tom Cruise qu’il reste.
Mais ce dernier volet est une réussite qui si l’on ne peut le comparer au premier car ne jouant pas dans la même catégorie, surpasse largement cette purge de deuxième épisode.

Et l’on attend avidement le prochain coup de maître du sieur Abrams.
(Mais réussissez – remarquez le vouvoiement – déjà la fin d’Alias, s’il vous plaît).


Critique rédigée à la sortie du film.

Mis à part le style un peu incertain, vous remarquerez que j'avais eu complètement faux en ce qui concerne la fin d'Alias. Des années de fan derrière, on peut le dire objectivement : Alias, c'est très bien jusqu'à la saison 3, pour se vautrer dès lors lamentablement et continuellement.

Reste que Abrams a fait du très bon depuis : Cloverfield et son marketing génial, le reboot de Star Trek, des séries au concept toujours aussi fort...

A noter que Fringe, malgré un début ronflant, se révèle plaisant à suivre, et parsemé de fulgurances gores totalement réjouissantes.

Bref, J.J, on t'aime ici.

Bons Baisers de Bruges


Jolie surprise, aussi bien comédie décomplexée que polar noir et tragique, le film joue de ses ruptures de ton pour bouleverser les attentes et les habitudes du spectateur, et lui offrir en pâture un sacré paquet de scènes cultes.
Colin Farell n'a jamais été aussi bon, et - attention exploit - se révèle même parfois touchant, bien peu aidé par la VF calamiteuse du film. Chose rare, le long métrage ne se contente pas de copier ses camarades du polar moderne, mais s'efforce de créer son propre univers, ses brusques changements de tonalité pouvant provoquer hilarité et malaise dans une même scène, l'atmosphère si caractéristique de Bruges faisant le reste.

Corrosif, mélancolique et violent, le film se termine par un sacré feu d'artifice de tout ce qui faisait le sel du film, et on en ressort absolument conquis. Le DVD est parfait pour un rattrapage obligatoire en version originale, faisant également l'impasse sur le titre le plus débile de 2008.
A découvrir d'urgence.
Même si vous êtes nain, obèse, ou américain.

South Park Le Film, Plus Long Plus Grand et Pas Coupé


Le Meilleur film de Trey Parker.
Une œuvre intelligente et cinglante, qui renvoie à leur propre réflexion, derrière les conneries d’usage.
Et le meilleur épisode de la série.

Si l’on passe outre les longueurs (forcément, vu l’exercice), on ne peut que s’émerveiller devant l’excellence de cet opus, ficelé brillamment jusque dans les moindres détails.

Animation rachitique qui permet quand même d’offrir aux fans quelques moments d’animation immenses (les séquences de l’enfer, les jambes des personnages, leurs doigts (!), des travellings circulaires et des ombres), scénario apocalyptique qui se permet le luxe d’exploiter à fond son sujet et son délire, des fulgurances cultes dans les dialogues, un vrai message caché.

Car Trey Parker dans son adaptation va bien plus loin qu’un épisode longue durée et s’auto psychanalyse dans une débauche de vulgarité mordante et de violence gore à base de papier cartonné.

A travers le succès du premier film de Terence & Phillip, c’est le propre succès de South Park qu’expose le maître et répond ainsi à ses détracteurs (le parallèle est vite trouvé). Et quand il ne se moque pas de la censure américaine, il lance une charge agressive (pour rire) sur le Canada, et épingle Saddam Hussein. C’est foncièrement n’importe quoi, et l’on trépigne sur son siège.

Les chansons (toutes écrites par le génie en personne) sont des modèles d’efficacité et de conneries assumées.
Il ne suffit que de savourer la brillante « Uncle Fucka » pour apprécier un tant soi peu le talent qui se cache derrière chacune de ces idioties.

Car ce film est bien plus qu’un étalage de grossièretés et de vulgarité à peine dissimulée, on est bel et bien en face d’une petite merveille, une pépite de second degré et de sous culture, qui ne cache ni ses références (somptueux combat final, What Would Brian Boitano Do ?), ni ses combats quotidien (la plupart des associations de défense qui ne prennent même pas la peine de s’intéresser à ce pourquoi ils se battent).
Et ne s’embarrasse pas non plus de plaire aux lignes de vertu (on imagine mal l’œuvre passer en prime time sur TF1, quel dommage d’ailleurs).

South Park le film est un trésor de subversion et de second degré, contenant toute l’ironie suffisante pour plaire aux foules, extrêmement électrisante (quels splendides numéros musicaux !) et qui plus est doublé d’une surprenante parabole sur l’acceptation de soi et l’ouverture d’esprit.
Englobé dans une belle grosse couche de bêtise.

Trey Parker est un Dieu (EST Dieu ?).
Et South Park est son nouveau testament.
Assurément.

vendredi 28 août 2009

The Fountain


On rentre dans une salle vide.
Juste trois âmes perdues.
La pellicule tourne. On y reconnaît le flap flap qui chante doucement à notre oreille.
L’écran vire au blanc, puis au noir.
Un léger grondement sonore, puis quelques notes de musiques.
A l’écran, Hugh Jackman en position de lotus, lévitant, se nourrissant de l’écorce d’un arbre. Il lui parle. L’embrasse.
L’effectif de la salle se réduit peu à peu.
Pas grave, la solitude est de mise pour goûter à cette expérience.
Car en dépit d’un début poussant à fuir au plus loin le film, le rythme hypnotique, la musique envoûtante, les images somptueuses happent le spectateur au plus profond.
Il sera chamboulé, bousculé, interrogé, frappé violement, achevé à terre et il en redemandera encore.
Parce que The Fountain est un de ces miracles, une œuvre tellement audacieuse qu’elle paraît absconse, et pourtant recèle en elle-même comme l’essence du cinéma.

Une œuvre somme, douloureuse, fondamentalement hermétique, qui demande beaucoup à un spectateur qui reçoit peu en retour, The Fountain est constamment sur le fil du ridicule mais finît par toucher la grâce.
Transcendant son histoire de base, vague empilement d’idées mystico métaphysiques, le film s’envole vers les cimes grâce au génie de ses interprètes principaux, prodigieux Hugh Jackman et Rachel Weisz, qui surplombent le film de leur composition viscérale, leur talent éblouissant. Le score, d’une infinie beauté, d’une insupportable tristesse, provoque un éclatement des sens pour une expérience au final épuisante, un orgasme cinéphilique, corporel, qui retourne la perception et laisse plus bas que terre.

Le final, servi par une réalisation inspirée sans être grandiloquente, est ce que l’on a vu de plus beau, de plus prodigieux en 2006, et est à l’image d’un film difficile à cataloguer, volontairement nébuleux, mais facile à défendre. Après le choc Requiem for a Dream (jusqu’à l’écoeurement), on en ressort soufflé, tremblant, flageolant, sans savoir s’il on a apprécié le puissant trip d'Aronofsky.
Puis on y repense, on le revit, et le souvenir du film se grave.

Sans peser ses mots, The Fountain est un film sublime.
Une fois goûtée son eau.