vendredi 16 avril 2010

The Big Bang Theory - Saison 1



Quand Chuck Lorre et Bill Prady, deux vieux routiers de la sitcom américaine, décident de lancer un nouveau show autour des geeks, on pense plus à un effort opportuniste qu’à une vraie volonté d’offrir une comédie sortant de la routine caractéristique du genre. Il faut avouer qu’avec des shows comme Dharma & Greg ou Mon oncle Charlie, les deux bougres se sont fait les apôtres de la sitcom de base, avec ses sempiternels décors de studios, ses multi-caméras, ses personnages aux caractères opposés forcés de vivre ensemble, son public hilare et ses dialogues se rapprochant plus des vannes de stand up que de véritables conversations. Les miracles sont rares dans ce genre si impersonnel, où le peu de séries se démarquant de la masse de comédies produites par tonnes chaque année doivent leur réussite à la qualité d’écriture (Seinfeld) ou encore l’attachement aux personnages (Friends).

Les ficelles d’un show comme The Big Bang Theory sont donc facilement identifiables, notamment dans la première partie de saison : le geek surdoué en mal d’amour (Leonard), l’intérêt amoureux un peu bêta (Penny), l’asocial maladif (Sheldon), les sidekicks pour varier l’humour (Howard et Raj). On mixe dans la tambouille références à la pop culture et autres théories scientifiques, et l’on obtient une série au succès prévisible, parfaitement marketée pour plaire aux mâles de 15-25 ans, tout en ne laissant pas de côté leurs copines grâce à l’histoire d’amour entre Leonard et Penny, procédé éprouvé pour assurer l’addiction à une sitcom (Ross & Rachel, ça rappelle quelque chose à quelqu’un ?). Si le show est efficace, un tel artifice alors que tous les mastodontes du genre sont morts depuis longtemps, paraît être l’effort de trop, à un moment où le public peut espérer mieux en termes de comédie. How i met your mother, diffusé juste après Big Bang, propose pour le coup une vraie réponse à l’essoufflement du genre sitcom, tout en étant monstrueusement hilarante.

Et puis la grève des scénaristes frappa. Les geeks reviennent donc après des semaines de vacances et ont une pèche d’enfer. Dès lors, en s’éloignant petit à petit du tout-venant sitcom entre Leonard et Penny et en chargeant la mûle sur ce personnage de nerd patenté qu’est Sheldon, lui faisant vivre à chaque épisode des aventures que n’aurait pas renié la Martine de la grande époque (Sheldon est malade, Sheldon perd son boulot, Sheldon trouve plus intelligent que lui...), le show trouve sa vitesse de croisière, jusqu’à devenir la meilleure surprise de l’année 2007.C’est frais et très drôle, on adhère donc facilement. Plus la série continue son bonhomme de chemin sur la saison, plus le tout devient furieusement hilarant. Difficile de rester de marbre devant un Sheldon enrhumé, ou encore toute la bande de geeks tentant de draguer, à tout de rôle, la sœur canon de Sheldon. Cette période est cruciale pour The Big Bang Theory, car elle va rendre ses spectateurs accrocs, ces derniers n’étant pas encore irrités par le Sheldon show systématique que va devenir par la suite le show, pour mieux rebondir dans une troisième saison à l’intrigue plus tenue. A condition d’accepter la continuité défaillante dans une sitcom, le genre étant entièrement voué à la vanne qui tombe bien plutôt qu’à l’exploration psychologique et émotionnelle de ses personnages, le season finale, se concentrant un peu plus sur son intrigue, achève le spectateur qui se voit obligé de revenir en saison 2.

A noter que le DVD propose une image d’une beauté éclatante, permettant d’apprécier les nombreux clins d’œil et autres appels du pied à la communauté geek présente dans les décors. Le tout au bon format s’il vous plaît. La VO est obligatoire tant le doublage continue d’imposer son écrasante médiocrité sur la plupart de nos séries préférées. Les sous-titres suivent l’adaptation française, mais celle-ci, si elle s’éloigne parfois des dialogues originaux, reste suffisamment convenable. C’est le minimum syndical, par contre, en ce qui concerne les bonus, où seul siège un reportage promotionnel de 15 minutes n’apportant rien de bien neuf, si ce n’est l’habituel passage de pommade hollywoodien.

The Big Bang Theory est le passage obligatoire et hilarant des amateurs de comédies décomplexées et qui ne se prennent pas au sérieux. Mais, si elle surnage au dessus des autres espèces du genre (des mêmes créateurs d’ailleurs), c’est surtout grâce au personnage de Sheldon, portant quasiment la série à lui tout seul, et grand vecteur de fous rires devant l’Eternel, au même titre que Kramer, Chandler, ou Barney. Le show mérite assurément le coup d’œil, ne serait-ce que pour lui. De toute façon, on a pas trop le choix, c’est lui ou Cyprien.


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1 commentaire:

Bad Taste a dit…

Toc toc toc Penny ?
Toc toc toc Penny ?
Toc toc toc Penny ?