samedi 5 avril 2008

Children of Men


Le cinéma est devenu, depuis ses trente dernières années, l’ultime bastion d’une sous culture effarante, un temple gras où l’esprit se nécrophile et la raison s’évapore, quelques part entre les poils pubiens et les peaux mortes.
Et puis voilà un film qui réveille les papilles, scotche au siège dans une éjaculation cinéphilique grandiose, théâtrale.
On en ressort la bave aux lèvres, le sourire même pas forcé.
Heureux quoi.
Youpi.

Parce que Children of Men a tout du rêve, de ceux qui laissent une trace indélébile.
Parce qu’on est tout le long surpris, bousculés, tourneboulés, bouleversés, effarés, agressés, violentés, violés.
C’est formidable, de par le réalisme d’un scénario d’anticipation sonnant comme le prochain lendemain de notre humanité, multipliant les coups de théâtre et les idées jouissives.
Pas de sentimentalisme, aucun violon incongrus, tout le monde y risque sa vie, effets chocs encore renforcés par l’extrême violence froide et la noirceur qui parcourt le métrage.
Bien malin celui qui pourra prédire le déroulement du truc, et un scénario aussi ultime fait vraiment un effet bœuf dans le cœur de la salle.
Ca fait longtemps qu’on avait pas vu ça, et ça fait rudement du bien.

Surtout que pour une fois, le propos prodigieux du film n’est en rien desservi par une réalisation paresseuse.
Alfonso Cuaron place le spectateur au cœur de son métrage, partageant le point de vue de Théo (un Clive Owen épatent, présent dans tous les plans), dans une réalisation percluse de plans séquences interminables, monstrueusement réussis et impressionnants.
Bourré à rebord de messages, de points de vue sur un monde où l’humanité s’enfuit, le film, même s’il reste un choc violent, n’en reste pas moins une bouffé d’oxygène rare, dans le genre boursouflé de la science fiction (même s’il n’a pas grand-chose à voir avec le film à proprement parler).

Le film de 2007, un diamant noir, une pépite pure à vivre plutôt qu’a raconter, avant de la voir se réaliser.
A savourer absolument.

1 commentaire:

maxwell a dit…

Monotone et chiant.